Une vidéo montrant un cheval violemment maltraité sur une plage à Zarzis a provoqué une forte indignation sur les réseaux sociaux. Saisi d'office, le parquet a ouvert une enquête tandis que l'Association Rahma pour le bien-être animal a engagé une procédure judiciaire pour suivre l'affaire.
Le parquet ouvre une enquête après la diffusion de la vidéo
À la suite de la diffusion de la vidéo, le parquet a lancé une enquête de sa propre initiative afin de faire la lumière sur les faits. Invité sur Jawhara FM, l'avocat Marwen Khaskhoussi a indiqué avoir été mandaté par l'Association Rahma pour assurer le suivi du dossier devant la justice.
Une expertise vétérinaire pour évaluer l'état du cheval
Dans le cadre de l'enquête, les personnes concernées ont été entendues et un vétérinaire a été désigné pour examiner le cheval. Son rapport, attendu par le parquet, devra déterminer l'état de santé de l'animal et évaluer les éventuelles blessures. Les investigations se poursuivent afin d'établir les circonstances exactes de l'affaire.
L'Association Rahma a annoncé qu'elle se constituera partie civile lorsque le dossier sera transmis au tribunal. Cette démarche vise à défendre les droits de l'animal et à promouvoir la protection du bien-être animal.
Selon les premiers éléments évoqués par Me Khaskhoussi, l'auteur présumé des violences serait le propriétaire du cheval, utilisé dans des activités de loisirs. L'avocat a toutefois rappelé que seule l'enquête permettra de confirmer les responsabilités et les motivations des faits.
À cette occasion, Me Khaskhoussi a également dénoncé l'insuffisance du cadre juridique tunisien en matière de protection animale. Il estime que la législation actuelle considère principalement l'animal comme un bien appartenant à son propriétaire, plutôt que comme un être vivant bénéficiant d'une protection spécifique.
Le cadre juridique tunisien sur la protection animale critiqué
L'avocat a rappelé que l'article 317 du Code pénal prévoit une peine maximale de quinze jours d'emprisonnement et une amende de 4,8 dinars pour les mauvais traitements infligés aux animaux. Il a également cité le décret du 15 décembre 1896, qui prévoit, dans certaines situations, notamment en cas d'empoisonnement de certaines catégories d'animaux, des peines pouvant aller d'un à cinq ans de prison.
En conclusion, l'affaire de Zarzis est désormais entre les mains de la justice. Les résultats de l'enquête et de l'expertise vétérinaire seront déterminants pour établir les responsabilités et orienter la suite de la procédure, dans un contexte où le débat sur le renforcement de la protection animale en Tunisie reste d'actualité.
